Sumo : la lutte entre traditionnel et sumo moderne

Dernière mise à jour: 27.09.21

 

La culture japonaise est tout un ensemble de diversité. Des mangas aux sushis en passant par les geishas sans oublier les ramens, le pays est très riche en diversité culturelle. Voilà la raison pour laquelle chaque année, le Japon attire plusieurs milliers de touristes venant des quatre coins du monde. Le but ? S’immerger dans la tradition nippone et découvrir les différents rites et coutumes. Et qui dit tradition dit surtout sumotori.

 

Le sumotori : le cœur même du folklore japonais

Quand on parle de folklore japonais, les geishas et les mangas sont souvent mentionnés. Et dans le domaine culinaire, les sushis et les ramens se partagent les devants de la scène. Mais on ne peut parler de folklore sans mentionner le Sumotori, un art martial qui oppose deux combattants au gabarit hors pair. Ce sport est le plus populaire du Japon et se pratique depuis plusieurs siècles. En fort lien avec le shintoïsme, il a témoigné de l’originalité de la culture nippone à travers les âges. D’après les dires, ce sport vient même d’un dieu japonais.

Tout savoir sur le sumotori

Vous avez certainement déjà vu des sumos dans les films japonais. Et comme le Japon est le pays créateur du manga, des producteurs ont même dédié des courts-métrages de manga sumo. Mais comment ce sport a été créé ? Provient-il réellement des dieux japonais étant donné qu’il se révèle comme étant un monument religieux ?

Le sumotori est certainement une pratique qui ne date pas d’hier. Et bien qu’il s’agisse d’un art martial, il diffère largement de tous les arts martiaux que l’on connaît. D’un côté, cette pratique est très sélective étant donné que seule une catégorie de personne spécifique peut y participer : les rikishi. Rikishi désigne un terme nippon que l’on utilise pour désigner un lutteur de sumo.

Un jeune désirant faire carrière et se forger une vocation dans le sumotori devra se dévouer à cet art dès son adolescence. Il intégrera ainsi l’heya, c’est-à-dire une écurie de sumo où il vivra en communauté avec d’autres rikishi. Il devra suivre un régime alimentaire strict à base de chankonabe, un ragoût riche en protéine qui lui permettra de gagner du poids et en masse musculaire. Raison qui explique pourquoi ils pèsent au minimum 140 kg. Tout comme la plupart des Japonais, les rikishi doivent se soumettre à une discipline. Cela consistera à nettoyer leurs dortoirs, à balayer et ratisser le sol et aussi à se lever à 5 heures du matin pour entamer une séance d’entraînement intensive appelée Keiko.

 

Les principes du sumotori

Le poids n’est pas le seul critère qui démarque le sumo. Les rikishi sont des lutteurs, des titans aux pieds aussi agiles qu’un ninja. Comment font-ils ? Le matin à cinq heures, pendant la séance d’entraînement, ils sont soumis à des étirements intenses. Ces étirements se font en groupes et sont millimétrés.

La puissance dont un rikishi fait preuve est aussi une question de technique. Et au cours de ses entraînements, les rikishi doivent maîtriser les 82 prises qui encadrent cette discipline sportive. Dans un heya, il y a également une hiérarchie à respecter. Les plus jeunes doivent servir tout en assistant les anciens. Dans cette lancée, ils prennent la charge de la cuisson du riz ainsi que de toutes les tâches domestiques.

Par ailleurs, comme toutes autres disciplines sportives, le sumotori compte plusieurs grades, plus exactement 6. Les plus hauts gradés sont les Yokozuna, mais rares sont ceux qui atteignent ce statut qualifié comme étant divin. Akashi Shiganosuke, Shiranui Dakuemon, Shiranui Kôemon ou encore Jinmaku Kyûgorô sont les plus grands Yokozuna qui ont marqué l’histoire. À titre informatif, un anime sumo démontrant un yokozuna au combat a été diffusé aux écrans il y a quelques années.

Les sumos combattent sur un ring appelé communément Dohyô au japon. Ils s’affrontent pieds nus tout en ne portant qu’un cache-sexe appelé Mae-tate-mitsu et un Mawashi (une ceinture). Pour ce qui est de la coiffure, la tradition veut qu’un rikishi porte un chignon qui va différer selon le rang. Par ailleurs, au moment du combat, chaque lutteur devra posséder son nom de combattant ou Shikona.

 

Les règles de base qui encadrent le combat de sumo

Comme mentionné ci-dessus, les sumotoris combattent sur un ring symbolisant le ciel. Sachez que le Dohyô mesure 6 m², mais la lutte se déroule dans un cercle de 4 m placé au centre du ring. Et avant que les deux lutteurs ne commencent à s’affronter, ils doivent se soumettre à plusieurs rites. Dans un premier temps, comme chaque combat honore les dieux, il est primordial que le rikishi se nettoie le corps et l’esprit. Il devra également se rincer la bouche avec de l’eau claire et s’essuyer avec une serviette de papier. Lorsque ce sera fait, l’affrontement peut avoir lieu. Le combat se terminera lorsqu’un des rikishi aura réussi à pousser son adversaire en dehors du cercle du ring.

Le port d’un protège-dents n’est pas forcément nécessaire. Tout simplement parce que dans le cadre de cette discipline, les coups de poing, les coups de pied au-dessus des hanches ainsi que les étranglements sont strictement interdits. Il est également interdit de saisir l’adversaire par son Mae-tate-mitsu.

Le sumotori à travers les âges

La pratique de cette discipline ne date pas d’hier. Elle remonte à l’époque des dieux et a été mentionnée la première fois en 712 dans le Kojiki. Plus tard, le sumotori sera utilisé en tant que rituel agricole et les combats allaient jusqu’à la mort étant donné qu’aucun coup n’était interdit. Au VIIIe siècle, il a été introduit au cœur de la cour impériale du Japon, mais n’était plus considéré comme un rituel agraire. Au contraire, il symbolisait la paix et la prospérité. Au IXe siècle, il a été officiellement déclaré comme étant un art martial. Il s’est ensuite transformé sous une forme développée pendant la période Edo, ce qui a donné naissance au sumo moderne.

 

 

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