L’histoire derrière le film Rasta Rocket

Dernière mise à jour: 29.07.21

 

Rasta Rockett est une comédie hilarante et émouvante de 1993 qui met en scène l’histoire olympique de Devon Harris, Chris Stokes, Dudley Stockes et Michael White. 30 ans après le légendaire film, les revoilà racontant ce qui les a marqués. Certes, ils ont pris de l’âge et n’ont plus les mêmes énergies qu’en ce temps, mais ils ont gardé leur bonne humeur.

 

DEVON HARRIS

Il est reconnu par son rire. Lorsqu’il avait commencé son entretien avec les journalistes, il demande à ces derniers s’ils avaient remarqué son changement physique. Une chose qui était naturelle après tant d’années, mais aucun des présents n’a répondu. Suite à ce silence, Devon Harris avoue lui-même ne plus avoir la forme. D’ailleurs, il le dit en faisant allusion à sa combinaison de Calgary qui ne lui va plus et qui a pris place dans un garage au nord de New York, à Congers. C’est là où il réside actuellement avec sa famille et ses 5 enfants.

Il a sorti quelques photos souvenirs des JO de Calgary. Il aimait prendre des photos, mais comme son appareil a été égaré, il n’en a conservé qu’une dizaine. Le Jamaïcain dévoile ainsi une d’elles en précisant qu’il était celui vêtu d’un tee-shirt jaune. Il s’agissait d’un entraînement à Kingston dans l’Up-Park Camp dit-il suivi d’une petite pensée du temps passé.

L’histoire commence lorsque William Maloney et George B. Fitch ont pris la décision de former une équipe de bobsleigh de Jamaïque. Ces 2 hommes d’affaires ont pour cela choisi ce pays loin de la neige. Ils y ont organisé un recrutement en septembre 1987. Devon Harris était un lieutenant qui n’a eu aucun mal à passer le test même si le bobsleigh, le sport pratiqué dans rasta rocket, était inconnu pour lui. Il suffisait apparemment d’être un athlète avec une bonne rapidité et une bonne puissance. C’était les qualités indispensables imposées pour parvenir au bout.

En ce temps, c’était le sprinteur qui a fait la notoriété du pays avec la réussite de Merlene Ottey. La première initiation s’est faite très simplement. Une caisse à savon qui était d’usage habituel pour les enfants était utilisée. L’athlète jamaïcain a alors dû, avec les autres, descendre à toute allure les pentes de Kingston avec ce dispositif.

Ce n’est qu’après plusieurs semaines que tout cela a pris du sérieux. L’équipe était même parfois emmenée à l’étranger pour des entraînements. Pendant ce temps, les séances durent 7 à 8 heures selon Devon Harris. Ils n’ont eu droit qu’à peu de repos et ont dû suivre la cadence tout en faisant face aux douleurs de genoux, de cuisses et de dos.

Le sportif, d’une cinquantaine d’années actuellement, a depuis réduit ses activités physiques. Ces derniers se résument à des pompes, à du volley-ball avec des amis et à des exercices dans une salle de gym. En ce moment, il se limite à visionner le bobsleigh, un sport où il est désormais devenu secrétaire général de la fédération jamaïcaine. Il ajoute qu’avec son corps, il serait compliqué pour lui de rentrer dans le traineau.

Par contre, ce travail n’est pas ce qui lui rapporte le plus. Pour compléter son entrée d’argent, il organise des conférences dans divers établissements pour faire connaître sa réussite et sa motivation. Son histoire résume ainsi le parcours d’un garçon qui a grandi dans un ghetto et qui n’a nullement songé à devenir un professionnel, mais qui, finalement, a pu participer aux Jeux olympiques.

DUDLEY STOKES

Un second anorak pour avoir plus chaud serait plus propice selon Dudley Stokes. En effet, la température dans le village olympique de Pyeongchang a atteint les -11°C. Un climat largement différent de la météo de la Jamaïque. S’il était alors habitué aux vêtements à manches courtes, il devait s’accoutumer au froid.  30 ans après leur réussite, son pays l’île des Caraïbes a continué à se faire connaître suite au succès d’une équipe féminine de jeux de bobsleigh aux JO. 

Cette équipe était composée d’Audra Sègre, de Carrie Russell et de Jazmine Fenlator-Victorian. Dudley Stokes avoue ressentir les mêmes émotions que ces femmes. Il y a quelques années, soit lors des JO de 1988, cet ancien pilote d’hélicoptère était à leur place. Un souvenir inoubliable, aussi bien pour les sportifs que pour le pays.

Son premier passage au Canada a été marqué par la foule, les nombreux immeubles neufs, l’ambiance et la diversité de la langue. Lors des Jeux olympiques d’hiver, ils étaient intimidés par le public. Selon Dudley Stokes, ce dernier était étonné de voir des Jamaïcains participer à du bobsleigh.

Il y a eu certes des moqueries sur route, mais ce sportif avoue en avoir perdu le souvenir. Il n’a gardé en mémoire que les vacarmes lors de leur déplacement où on les a accueillis comme des stars.

Les 4 athlètes, souvent vêtus de jaune et de vert, ne manquaient jamais aux spectacles. Ils étaient connus par leur rire éclatant.

Pour motiver les 3 sportifs de Pyeongchang qu’il entraîne, Dudley Stokes visionne avec eux le film Rasta Rockett. Cela leur donne envie d’avoir le même parcours et de tout donner. Ensemble, ils visent le top 10 en bobsleigh.

Ce n’est qu’après cette période que Dudley Stokes rentrera dans son île de l’archipel Turques-et-Caïques pour continuer ses activités. En effet, il a pour responsabilité la gestion des locations de vacances dans ce lieu qui affiche plus de 25°C.

CHRIS STOKES

Si ses biceps volumineux ont fait la réputation de Chris Stokes, son physique a depuis changé et il est actuellement un homme d’affaires. L’ancienne combinaison ultra moulante a été troquée pour un costume avec cravate.

Parmi les 4, il est le seul qui réside encore dans le pays après les aventures de ce 1er JO d’hiver. Il a créé le NCS Entreprises qui œuvre dans la commercialisation de produits financiers. Sa compétence de l’organisation acquise lors de son parcours l’a aidé dans ce métier. Lors de ses rendez-vous professionnels, il encourage ses clients à augmenter leur concentration et leur confiance en soi.

Sa phrase lead : « être meilleur qu’on ne le pense ». Selon ses dires, son succès était improbable vu qu’il était venu au Canada en tant que spectateur de son frère Dudley. Caswell Allen qui s’est blessé à 5 jours du début des jeux. C’est en ce moment que l’on a dû trouver un remplaçant et il a été choisi pour son physique impressionnant et ses 87 kg. Il n’a pas eu beaucoup de temps pour s’entraîner et ne connaissait que peu l’engin où il devait entrer et qui venait d’ailleurs d’être loué.

Leur aventure a suscité l’intérêt des journalistes et il raconte ce qu’il a vécu le 28 février 1988. Il se trouvait avec les 3 autres en haut de la piste de 1500 mètres de descente avec 14 virages qui les attendaient. Il y avait même un virage de 270° dans le parcours. Pendant cette épreuve, le pilote a perdu le contrôle, ce qui a entraîné le basculement du bobsleigh de la Jamaïque.

Michael White avoue que sans le film Rasta Rockett, une histoire vraie, il n’aurait pas eu la même réputation que maintenant. Depuis, ses enfants demandent à revoir toujours ce film sur le bobsleigh.

Différence du film avec la réalité

Jon Turteltaub, reconnu avec : L’Amour à tout prix, l’apprenti sorcier et en eaux troubles a sorti en 1994 ce film culte qui est devenu un classique de la comédie américaine. Ce dernier a rapporté aux environs de 154 000 000 de dollars. Il raconte l’histoire vraie d’une équipe de bobsleigh jamaïcaine qui a participé pour la toute première fois aux JO. Les JO d’hiver étaient pourtant réservés à la population blanche. Leur arrivée a donc laissé plusieurs personnes stupéfaites. Néanmoins, pour se familiariser avec le climat largement différent d’où ils venaient, ils ont dû s’habituer sur un lac gelé. Mais que s’est-il passé en 1988 réellement ?

Bien que le film ait été largement inspiré de faits réels, on notera une première différence en termes d’occupation des 4 sportifs. En réalité, ces derniers ne sont pas tout à fait des coureurs de sprint qui avaient l’étoffe de se qualifier aux JO, Devon Harris était un lieutenant, Dudley Stokes un pilote d’hélicoptère et Samuel Clayton un ingénieur. Seul Michael White était un sprinteur. Samuel s’est par la suite blessé 3 jours avant les épreuves, ce qui a mis Chris Stokes sous le feu des projecteurs. Johny Candy quant à lui est une véritable invention de la saga. On précisera également que différents entraîneurs ont préparé les 4 sportifs, on est donc loin du mythe du seul coach.

La seconde différence se trouve quant à elle dans le moyen qui a permis à l’équipe de rejoindre les JO au Canada. Si le film montre que l’un d’eux a eu l’argent pour les billets après avoir vendu sa voiture, la réalité est toute autre. À vrai dire, ils ont pu rassembler le montant en vendant des tee-shirts. La moquerie subie de la part des autres participants est aussi une invention du film selon un des entraîneurs.

Le point le plus réaliste du film se base sur le fait que les 4 sportifs n’ont remporté aucune médaille. Dans les épreuves à 2, Michael White et Dudley Stokes ont fini 30/34. Dans les épreuves à 4, le résultat de l’équipe lors de la première manche est de 24/26, 25/26 pour la seconde. Quant à l’ultime, leur bobsleigh de Jamaïque a réellement raté un virage lorsque son pilote Dudley Stokes, blessé à l’épaule, a perdu le contrôle de la luge. Ils ont alors franchi la ligne d’arrivée à pied. Et cela sous les applaudissements du public.

Rasta Rocket, acteurs, que sont-ils devenus ?

Doug E. Doug alias Sanka Coffie

Âgé d’une cinquantaine d’années actuellement, cet acteur a été vu dans plusieurs films allant des drames à des comédies. À la suite de Rasta Rocket, il était souvent amené à discuter et à répondre à des fans. 6 ans après, il a même réalisé Citizen James. Il a ensuite joué dans la série Cosby Show en 1996 et dans Snowmen en 2010. Ce dernier a été sa dernière apparition devant l’écran. Et il faisait partie des invités pour les 20 ans du film qui s’est déroulé sur le lieu même du tournage.

Leon Robinson alias Derice Bannock

L’on a vu cet acteur, également dans les 50 ans, dans pas moins de 30 films après Rasta rocket. The Temptation a été l’un des plus connus. Sa voix lui a surtout permis d’atteindre le sommet non seulement dans le cinéma, mais aussi dans la musique. En effet, il est devenu chanteur de Leon and the Peoples. Avec l’album The Road Less Traveles, il a été nommé meilleur artiste international. Cela s’est déroulé durant les Joe Higgs Reggae Awards.

Malik Yoba alias Yul Brenner

Cet acteur, quant à lui, a continué sur la voie du cinéma en jouant Frank Hill dans la série New York Undercover, différente du film de Jamaïque. C’était un rôle de lieutenant dans la police américaine. Cela a duré 5 ans : de 1994 à 1998. Sa carrière n’a jamais connu une fin malgré ses 50 ans et plus. On l’a également aperçu dans Girlfriends, Designated Survivor et Take Point. Son emploi du temps est assez chargé contrairement aux autres acteurs qui ont incarné à ses côtés le célèbre Rasta Rockett le film.

Rawle D. Lewis alias Junior Bevil

25 ans après le film, cet acteur de Rasta Rocket a tenté de rester dans l’univers cinématographique, mais il n’a pas connu un grand succès, car il n’a jamais pu décrocher un premier rôle. On a cependant pu le voir incarner le rôle d’un agent de sécurité K-Pax. Ce film s’est déroulé aux côtés de Jeff Bridges et de Kevin Spacey.

 

Quelques répliques célèbres du film Rasta Rockett

 “Comme vous le constatez, le bobsleigh est un objet très simple… “

“Je vais prendre un bon bain chaud, je me les gèle moi, rien qu’à penser à toute cette glace…”

 “Sanka man, qu’est-ce que tu fumes ?

– Je fume pas, j’expire”

Après avoir parcouru ces quelques lignes, désormais, lorsque vous allez regarder rasta rockett vous comprendrez directement toute l’histoire qui s’est cachée derrière.

 

 

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